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Nadine Hardy

Regards

Deux textes qui présentent le travail de Nadine Hardy à travers le regard d’autres personnes.

« Passeuse d’émotions »

Texte de Andreas Alberti, auteur

D’une rive à l’autre, l’artiste joue un rôle de passeur d’émotions. La toile comme une embarcation et la palette un gouvernail qui permet à l’artiste de tracer son chemin dans une mer d’imaginaire aux reflets changeants. La destination n’a pas de limites et le voyage ne peut s’effectuer que par l’émotion provoquée par l’œuvre. Le travail de Nadine Hardy nous donnerait presque envie de faire chavirer l’embarcation pour plonger dans une de ses compositions, tant la force des couleurs et des formes fait résonner en nous une envie d’abandon et de reconnexion avec le monde qui nous entoure.

L’artiste puise notamment dans l’abstraction pour extraire une vérité et se détacher des carcans traditionnels de la représentation. La création devient un formidable outil de liberté et d’appropriation de son destin, consciente de la nécessité de s’exprimer dans notre société en perte de repères. Nadine Hardy explore avec passion un univers riche, coloré et géométrique dont elle parvient à dessiner les cartes et baliser un parcours. Il y a dans son travail une finesse proche de la broderie, comme si elle utilisait un fil narratif pour éveiller nos sens et donner du rythme à ses compositions. Une certaine musicalité se détache de ses œuvres : les formes et les couleurs deviennent des notes sur une partition, la décomposition du mouvement joue sur la tonalité de la toile comme une invitation à la danse, derrière les lignes.

La minutie du geste et la maîtrise parfaite des gammes chromatiques témoignent d’une volonté de se réapproprier le temps, de rendre une forme d’hommage au travail artisanal des brodeuses et mosaïstes des temps passés, passeurs de mémoire. Cette sensibilité est directement liée à sa formation d’historienne et à son cheminement artistique.

Les citations directes, ou indirectes, aux figures de l’Histoire de l’art sont faites avec une grande délicatesse. On pense bien sûr à Kandinsky, à l’art cinétique d’un Giacomo Balla, mais aussi aux découpages de Matisse et au minimalisme d’un Sol LeWitt. Il y a aussi cette fascination pour la couleur que l’on pourrait presque rapprocher de la démarche des impressionnistes. Le choix des tons dans ses inspirations fait écho à la fulgurance d’un paysage de Monet.

La lumière devient matière, découpant parfois des silhouettes et des visages dans la géométrie inspirante de ses compositions. Les lignes et les trames deviennent un langage sensible, comme une litanie nous invitant à prendre le temps de regarder, de s’évader. La liberté est le moteur de sa création, Freedom comme elle l’écrit dans une œuvre éponyme.

L’artiste ouvre des portes dans un monde édifiant de plus en plus de murs. Libre à nous de les emprunter et de nous laisser porter par la beauté du voyage.

Texte de Susan Wang

Particulièrement impressionnée et inspirée par les couleurs, Nadine Hardy crée des surfaces vives, parées d’épaisseurs de peinture lumineuses. Elle peint sur des panneaux de bois, provoquant les effets que le couteau à peindre ou la carte de plastique produisent sur la surface lisse. Laissant la couleur guider l’ensemble du processus, elle cherche l’équilibre entre l’ordre et le désordre. Lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter ni à changer, l’œuvre est achevée.

Susan Wang, biographie publiée sur le site de l’artiste